Définition – Epidémiologie :

L’infection urinaire est l’une des infections les plus courantes chez la femme, à tout âge ! L’important est de savoir différencier les atteintes du bas appareil urinaire (autrement appelées Cystites) des atteintes infectieuses du haut appareil (Pyélonéphrites).

SYMPTÔMES :
Les symptômes évocateurs sont :

Cystite

-Brûlures mictionnelles

-Difficulté à l’émission des urines

-Envie impérieuse d’uriner

-Mictions nombreuses, rapprochées, douloureuses

-Douleur, pesanteur sus pubienne

-Présence de sang dans les urines, urines rosées
Pyélonéphrite
-Symptômes similaires à ceux présentés au cours d’une cystite simple

-Fièvre > 39°C, frissons

-Douleur localisée en regard du rein atteint

-Nausées, vomissements

-Asthénie
DIAGNOSTIC :

Bien que le diagnostic de cystite soit clinique, il paraît judicieux, devant tout signe atypique (fièvre élevée, douleur, troubles digestifs, fatigue brutale), de réaliser des examens complémentaires :

-Bandelette urinaire

-Prélèvement d’urines destiné à un examen cytobactériologique (ECBU)

-Prélèvements sanguins, prise de sang

-Echographie rénale et des voies urinaires

Le médecin appréciera l’intérêt de chacun de ces examens.
COMPLICATIONS POSSIBLES :
-Complications aiguës
-##Cystite récidivante :On parle de cystite récidivante, lorsque une patiente présente plus de 6 épisodes par an. Dans ce cas il sera nécessaire d’envisager des explorations plus spécifiques en fonction du contexte clinique telles que : – un bilan échographique pré et post mictionnel – une urographie intraveineuse avec cystographie pré mictionnelle – une cystoscopie

-##Pyélonéphrite aiguë simple :La pyélonéphrite est une infection possiblement grave c’est la raison pour laquelle il faut savoir consulter un médecin devant toute infection urinaire atypique (douleur intense, fièvre, fatigue intense) de manière à mettre en place un traitement rapidement efficace si indiqué.

-##Pyélonéphrite aiguë compliquée :

Certaines situations pathologiques sous jacente poussent à qualifier l’épiphénomène qu’est l’infection urinaire haute, de compliquée, car compliquent la prise en charge. Ces situations sont :

-la grossesse

-le diabète

-l’immunodepression (cancer, VIH, alcoolisme…)

-la prise de certains médicaments au long cours (corticoïdes)

-les antécédents de pathologies urinaires malformatives, ou de lithiase des voies urinaires

-l’âge > 65 ans

-le port de sonde urinaire à demeure
-Complications tardives
-##dégradation progressive de la fonction rénale

-##abcès du rein

TRAITEMENT :

Les grands principes du traitement de l’infection urinaire basse sont :

-respect des mesures hygièno-diététiques

-boissons abondantes

-mictions régulières

-mictions post coïtales

-essuyage d’avant en arrière

-port de sous-vêtements en coton

-éviter les pantalons trop serrés

-traitement antibiotique : plusieurs traitements sont possibles, le traitement le plus adapté à la situation clinique et aux antécédents ainsi qu’aux possibles allergies sera choisi par le médecin :

-traitement MINUTE (une seule prise)

-traitement standard COURT (3 à 5 jours)
TRAITEMENT :
La majorité des infections urinaires sont sans complication et ne concerne que le bas appareil urinaire, mais il faut savoir dépister les situations à risques pour prendre en charge de manière précoce les cas les plus inquiétants.
conseils pour le prélèvement des urines : critères de qualité :

-le matin – après une toilette périnéale soigneuse (par exemple avec du Dakin)

-en milieu de jet

-en écartant correctement les grandes lèvres

-amener rapidement au laboratoire ou conserver entre 2 et 6 °C si impossibilité de l’amener dans l’immédiat
Infection urinaire au cours de la grossesse : situation particulière
L’infection urinaire est la plus fréquente des infections au cours de la grossesse. Il est nécessaire de la dépister systématiquement car elle peut être à l’origine de complications maternofoetales.
Ce dépistage systématique est réalisé au cours du premier trimestre puis tous les mois, lors que de chaque consultation de surveillance de la grossesse par une bandelette urinaire. Cela permettra de conclure après confirmation par un ECBU à :

| |Symptômes urinaires évocateurs|Fières et douleurs lombaires|biologie|

|Bactériurie asymptomatique|-|-|N|

|Cystite aiguë|+|-|N|

|Pyélonéphrite aiguë|+|+|aN|
Bactériurie asymptomatique : présence de germes au niveau des urines sans entraîner de symptômes

N : normal ; aN : anormal
FACTEURS FAVORISANTS :
-facteurs mécaniques :

L’augmentation progressive du volume utérin va entraîner une compression :

-de la vessie d’où une mauvaise vidange vésicale.

-des uretères d’où une stase urinaire au niveau du haut appareil urinaire.

-facteurs hormonaux :

-la progestérone est responsable d’une diminution du tonus des voies urinaires ce qui favorise la stagnation et le reflux des urines.

-les oestrogènes quant à eux favorise l’adhérence des germes au niveau de la muqueuse des voies urinaires.

-facteurs physiologiques liés à la grossesse :

-augmentation du taux de glucose dans les urines

-augmentation du pH urinaire

-augmentation du nombre de germes au niveau vulvo-perinéal
TRAITEMENTS ADAPTÉS À LA GROSSESSE :
-Il est nécessaire pour prévenir les risques pour la grossesse, et le fœtus, de traiter toute femme présentant une bandelette urinaire anormale !

-Tous les antibiotiques ne sont pas utilisables au cours de la grossesse, ainsi l’avis du médecin est à nouveau indispensable.

-Le respect des règles hygiéno-diététiques est ici également fondamental !

-Une surveillance de l’efficacité est obligatoire à 48h après l’arrêt du traitement, par un examen des urines de contrôle.
RISQUES COMPLICATIONS :

Les risques sont les mêmes que pour une femme non enceinte, mais à cela s’ajoute l’accouchement prématuré ! Ainsi il est important de réaliser ce dépistage simple, étant donné les complications possiblement sévères qu’il permet d’éviter !