Définition : c’est l’implantation et le développement d’une grossesse en dehors de la cavité utérine, le plus souvent dans la trompe, rarement dans l’ovaire ou la cavité péritonéale.

ATTENTION : Une GEU peut mettre en jeu le pronostic vital via la rupture tubaire (rupture de la trompe par l’évolution de la grossesse). La GEU est donc une URGENCE THERAPEUTIQUE.

Incidence : 1 – 3% des grossesses soit environ 100 – 175 GEU/an/100000 femmes. La mortalité suite à une GEU est devenue exceptionnelle.

FACTEURS DE RISQUE

-Tabac (facteur de risque important)

-Antécédent de salpingite

-Antécédent de GEU – Antécédent de chirurgie des trompes, d’IVG

-Contraception par stérilet

-Procréation médicalement assistée

-Contraception par pilule micro progestative

-…

COMMENT EN FAIRE LE DIAGNOSTIC ?

Le diagnostic est difficile et repose sur un trépied diagnostic

-Clinique

-Dosage du taux de βhCG

-Echographie pelvienne

Tout peut se voir : de l’absence de douleur, à une douleur modérée jusqu’au malaise avec douleur intense.

-CLINIQUE

-Triade clinique :

-Retard de règle

-Métrorragies peu abondantes, récidivantesde couleur sépia

-Douleurs pelviennes unilatérales, d’intensité croissante

-Signe de grossesse : aménorrhée, hyperthermie persistante, signes sympathiques

-Petits malaises o Douleur provoquée à la palpation abdominale

-Spéculum : Origine utérine du saignement

-Toucher vaginal

-Utérus plus petit que ne le voudrait le terme

-Une douleur latéro-utérine

-Une masse latéro-utérine correspondant à la GEU

-DOSAGE DES βhCG

-C’est le seul qui, si négatif, permet d’éliminer le diagnostic de grossesse et donc de GEU. Lors du début d’une grossesse normalement implantée, le taux de βhCG double toutes les 48 heures. La cinétique du taux de βhCG à 48 heures d’intervalles est perturbée lors d’une GEU. Il y a une élévation insuffisante ou bien une stagnation.

-ECHOGRAPHIE

-Elle se fera par voie abdominale puis par voie endovaginale.

-Elle permet de confirmer le diagnostic de GEU et d’en préciser le coté.

-Il existe des signes directs de GEU échographiques

-Image latéro-utérine : sac gestationnel ou une poche de sang (hématosalpinx)

-Et des signes indirects

-Utérus vide, et épais

-Un épanchement dans le péritoine

QUEL EST LE TRAITEMENT DE LA GEU ?

La patiente sera dans la plupart des cas hospitalisée pour le traitement et le suivi.

Le traitement de référence est le TRAITEMENT CHIRURGICAL.

Il se fait par voie cœlioscopique mais en en cas de complication la laparotomie (incision abdominale verticale) peut être nécessaire.

Il y a deux alternatives thérapeutiques :

-Traitement conservateur : Salpingotomie : ouverture de la trompe et aspiration de la grossesse.

-Quand la trompe atteinte est très endommagée et la trompe controlatérale saine, le traitement radical est choisi : c’est la Salpingectomie qui correspond à l’ablation de la trompe.

Dans tous les cas, la voie cœlioscopique et le traitement conservateur seront privilégiés. Le traitement sera le plus conservateur possible.

Enfin, dans le même temps opératoire, un pronostique pour la fertilité ultérieure sera fait.

Il existe des alternatives au traitement chirurgical que sont :

-Le TRAITEMENT MEDICAL

Ses indications sont limitées, il faut que :

-le diagnostic de GEU soit certain

-GEU asymptomatique

-βhCG < 5000UI/L

-GEU non visible à l’échographie

-Pas d’épanchement péritonéal

Il se fait par injection de Méthotrexate, dont le but est la destruction de la GEU. Ce traitement implique une surveillance prolongée de la décroissance des βhCG jusqu’à la négativation. Dans le cas d’un échec, le traitement sera cœlioscopique.

-L’abstention thérapeutique

L’abstention thérapeutique peut être envisagée dans certaines situations. Un suivi rapproché est de mise dans ce cas là.

ATTENTION !

Après une GEU, le risque de récidive est important.

QUEL CONTRACEPTION PRESCRIRE APRES UNE GEU ?

Il faut préférer une méthode contraceptive bloquant l’ovulation, évitant ainsi les récidives de GEU : l’idéal étant une contraception oestroporogestative. En effet le stérilet et les micro progestatifs sont à éviter car ils n’empêchent pas l’ovulation.